L’autisme, un monde dont on n’a pas les clefs

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© Stocklib / Katarzyna Białasiewicz

La Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme a eu lieu le 2 avril. Elle vise à mieux informer le grand public sur les réalités de ce trouble du développement.

L’autisme est une réalité très présente dans la mesure où ce type de handicap touche 1 personne sur 150 dans le monde.

La France compte environ 650 000 personnes atteintes d’autisme à des degrés divers, dont 25 % d’enfants. Le gouvernement français a mis en place un “plan Autisme”, qui vise tout d’abord l’augmentation de la capacité d’accueil en établissements spécialisés, la diversification des méthodes de prise en charge et le dépistage précoce.

Plus tôt les premiers signes d’autisme sont détectés chez un enfant, plus tôt une prise en charge peut lui être proposée et compenser ainsi une partie de son handicap. En tant que maire adjointe, déléguée à la petite enfance, je sais que les personnes les mieux placées pour dépister les premiers signes d’autisme et alerter les parents sont les personnels des crèches qui signaleront très vite, un comportement anormal de l’enfant. 

À mesure que l’enfant se développe, l’écart entre son comportement et celui des autres enfants de son âge tend à se creuser. Les signes sont donc de plus en plus identifiables : il recherche moins le regard et le contact des personnes, il ne réagit pas toujours à l’appel de son prénom, il sollicite peu l’adulte pour partager son intérêt.

Être autiste, c’est vivre dans un monde dont on n’a pas les clefs, un monde incompréhensible, imprévisible, chaotique. C’est entendre des mots qui ne sont que des bruits sans signification, c’est être ‘bombardé’ d’informations et de sensations que le cerveau parvient mal à analyser, c’est ne pas comprendre les pensées ou les émotions de l’autre, ni savoir exprimer les siennes et se sentir submergé faute de ne pas savoir distinguer l’essentiel de l’accessoire.

Dépister ne veut pas dire diagnostiquer et le rôle du personnel de la Petite Enfance est avant tout d’alerter. Nos politiques locales doivent sensibiliser et former notre personnel à ce dépistage précoce, car tout est possible pour les petits enfants.

Devant le désarroi des parents, je me suis engagée dans le développement et la création, avec des associations, de lieux spécialisés pour l’accueil de ces enfants. Ce n’est plus l’enfant qui s’adapte, mais c’est la crèche spécialisée qui s’adapte à l’enfant.

Il est de notre devoir d’intervenir et de soutenir toutes actions dans ce domaine, chaque enfant « guéri » est une véritable victoire pour nous tous.

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